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Myriam AMSALLEM : la médecine du future

La cardiologie est une branche passionnante de la médecine qui se concentre sur l'étude du cœur. Les cardiologues sont des médecins spécialisés dans le diagnostic et le traitement des problèmes cardiaques. Le cœur est un organe vital qui pompe le sang à travers tout le corps, fournissant ainsi de l'oxygène et des nutriments essentiels à nos cellules. En cardiologie, on explore les maladies cardiaques telles que les cardiopathies congénitales, les maladies coronariennes, les arythmies cardiaques et l'insuffisance cardiaque.


Myriam Amsallem est une cardiologue et chercheuse dans les nouvelles technologies : Elle nous fait découvrir le futur de la médecine !


Myriam AMSALLEM : la médecine du future

Bonjour à toutes et à tous! Je m’appelle Myriam Amsallem, j’habite à San Francisco, en Californie, aux Etats-Unis depuis près de 10 ans. Je suis médecin, cardiologue, mais aussi chercheuse, spécialisée en nouvelles technologies, actuellement assure la fonction de Clinical Lead (c’est-à-dire que je dirige des projets de recherche en santé) dans l’équipe de technologie en santé (Health Tech) chez Meta (anciennement Facebook).


Mes missions


Je suis la Clinical Lead (c’est-à-dire que je dirige des projets de recherche en santé) dans l’équipe de technologie en santé (Health Tech) chez Meta (anciennement Facebook).


J’ai rejoint Meta (anciennement connue sous le nom de Facebook) il y a 3 ans, en pleine pandémie Covid-19, afin de développer de nouvelles technologies permettant à des milliards de personnes de pouvoir prendre soin de leur santé et de celle de leurs proches. En trois ans, beaucoup de choses se sont passées, j’ai développé l’équipe (qui a beaucoup grandi), embauché et rencontré des personnes exceptionnelles, et lancé et accompli de nombreux projets en recherche et santé digitale. La plupart des projets sur lesquels je travaille sont encore confidentiels, mais j’ai hâte qu’ils deviennent publiques pour pouvoir partager plus de détails.


En tant que médecin cardiologue et de part mon expérience de scientifique-chercheuse, j’apporte une expertise et point de vue unique dans le monde de la tech, permettant de définir les réels problèmes de santé et santé publique qu’il faut résoudre. Je travaille au quotidien avec de nombreuses personnes ayant une expertise différente (par exemple des ingénieurs) afin de créer des technologies et produits pouvant améliorer la santé de tous.


Mon parcours en cardiologie


Une cardiologue est une médecin spécialisée dans les maladies des vaisseaux et du cœur. Une cardiologue fait d’abord médecine (6 ans de fac de médecine, dont 3 ans à mi-temps à l’hôpital et mi-temps à la fac, puis 4 ans de spécialisation minimum (l’internat) pour approfondir la connaissance en maladies du coeur et des vaisseaux tout en pratiquant 100% du temps à l’hôpital).


Comme beaucoup de médecins, je vois la médecine comme une passion, une vocation, et non un métier. Aussi loin que ma mémoire me porte, j’ai toujours voulu aider les autres. Vers l’âge de 12 ans, j’ai eu un déclic pour la médecine en regardant pour la première fois un épisode de la série TV Urgences (d’ailleurs une des séries les plus réalistes à ce jour sur le monde de l’hôpital). Mon rêve d’enfant était d’être médecin dans le Cook County Hospital (hôpital fictif de la série) aux Etat Unis. Je ne suis pas tombée si loin de ce rêve finalement, étant maintenant cardiologue en Californie…


Le cœur est un fascinant organe, à la fois complexe et simple. On estime que le cœur bat près de 2.5 milliards de fois dans une vie. La capacité du cœur à faire circuler le sang de manière automatique si parfaitement orchestrée est quelque chose qui m’a toujours fascinée. Je me souviens encore de cette leçon de SVT en seconde (au lycée) où notre professeure nous a décrit la circulation du cœur gauche et droit! J’étais émerveillée de cette circulation en parallèle permettant de faire circuler le sang, d’ouvrir et fermer les valves cardiaques (portes qui séparent les cavités cardiaques et les gros vaisseaux du coeur), et ce près de 60 fois par minute!

Myriam AMSALLEM : la médecine du future
À l’hôpital pendant mon internat à Paris.

Quelques années plus tard, alors que je commençais à peine un stage de cardiologie en 3ème année de médecine, un patient s’est présenté en urgence avec un infarctus du myocarde, c’est à dire que son coeur souffrait et ne recevait plus suffisamment de sang car une artère coronaire était bouchée. C'était une urgence vitale et sa vie était en danger. J’ai pu assister en direct et même aider le cardiologue à déboucher l’artère en moins de 30 minutes, permettant de soulager le patient, faisant disparaître sa douleur de poitrine et sauvant sa vie!


C’est ce que j’ai toujours adoré dans la cardiologie: c’est une discipline logique (on comprends la plupart de son fonctionnement), on a pleins d’outils pour l’examiner (le stéthoscope pour écouter les bruits du coeur, l’électrocardiogramme pour enregistrer l’activité électrique du coeur, l’échographie et l’IRM pour regarder la contraction du coeur et la circulation du sang) et qui a une myriade de solutions pour aider nos patients (de multiples médicaments qui sauvent des vies, améliorent les symptômes), mais aussi des procédures et chirurgies pour réparer le coeur et le remplacer s’il le faut. C’est une discipline palpitante et efficace!


Et il y a beaucoup de personnes que l’on peut aider, car malheureusement les maladies du coeur et des vaisseaux (par exemple infarctus, accident vasculaire cérébral…) sont la première cause de décès dans le monde.

Myriam AMSALLEM : la médecine du future
En train de lire des IRM cardiaques.

La cardiologie s'intéresse aux maladies du coeur, et comprend plusieurs sous-spécialitées: la rythmologie qui s’intéresse aux troubles de l’activité électrique du coeur, la cardiologie interventionnelle qui est à la limite de la chirurgie et qui permet de réparer le coeur en passant par les artères, et enfin l’imagerie cardiaque, ma spécialité.


L’imagerie cardiaque est la sous-spécialité qui utilise des modalités pour “voir” le cœur de l’extérieur et le prendre en photo: par exemple en utilisant une échographie (la même technique qui permet de voir les bébés dans le ventre), ou bien des plus grosses machines comme le scanner ou l’IRM. Pouvoir voir la fonction du coeur ou les parties du coeur de l’extérieur est fascinant!


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Cette photo représente à droite l’image du coeur en échographie, et au milieu l’équivalent sur un live anatomique. A gauche est une représentation en 3 dimension du coeur et de la coupe cardiaque obtenue avec la sonde d’échographie (objet blanc en bas à droite en forme de stylo).

Mon parcours


Mon parcours n’est vraiment pas commun. Je suis passée par de multiples disciplines qui peuvent paraître très différentes (médecine, recherche et technologie digitale) mais elles ont toutes le même point commun: améliorer la santé des autres.


J’ai commencé mes études en 2005, à la faculté de médecine RTH Laennec, de l’Université de Lyon I Claude Bernard.

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Faculté de médecine RTH Laennec - Lyon I.

A mon époque (et cela n’a probablement pas changé) cette première année était extrêmement difficile et compétitive. À la fin de la première année (P1), seulement 16% de ma promotion de ~700 personnes était sélectionnée pour passer en deuxième année (P2). Débarquant dans une ville nouvelle, j’étais déterminée, passionnée et ai vraiment travaillé dur tous les jours menant au concours, en bénéficiant du soutien moral et constant de mes parents. Cela m’a permis de passer du premier coup cette première année, et à ma surprise d’être classée première (majore) de ma promotion. Le reste des 5 autres années de médecine fût moins stressant que la première année mais demanda tout autant de travail et heures à étudier la médecine et toutes ses disciplines (anatomie, cardiologie etc.). Mais quel plaisir d’apprendre au quotidien, non seulement de nos professeurs et des livres, mais aussi à partir de la 3e année de médecine de la pratique et des patients à l’hôpital! En fin de 6e année de médecine, un autre concours m’attendait: l’ECN: Examen Classant National. Cette fois-ci c’était un concours à l’échelle de toute la France, classant tous les étudiants de médecine de 6ème année. De ce classement dépendait le choix de la spécialité et la ville de formation pour la suite des études de médecine (l‘internat). Grâce à mon classement (10ème/8000), j’ai pu choisir ma passion: cardiologie et ma ville de choix: Paris. J’ai ensuite appris le métier de cardiologue en étant interne à Paris, changeant d’hôpital tous les 6 mois, pendant 4 ans, ce qui m’a permis d’apprendre ma spécialité et de prendre en charge plusieurs milliers de patients dans toute la région parisienne.


En parallèle de mes études de médecine, j’ai commencé des études en science, d’abord un master en science (biologie), puis un doctorat (thèse) en science à la faculté de Paris Saclay et à l’Hôpital de Marie Lannelongue en région parisienne. J’ai ensuite continué mon travail de chercheur, d’abord en tant que post doctorante, puis en tant qu’enseignante et chercheuse (faculty) à la faculté de médecine de l’Université de Stanford en Californie (USA). J’ai beaucoup aimé faire de la recherche, entre le laboratoire (photo ci dessous) et le chevet des patients, afin d’ouvrir les horizons de la connaissance scientifique, et de permettre d’améliorer la pratique de la médecine.


(1) Au laboratoire pendant mon stage de master de science (2) A Stanford, pendant mon post-doctorat (3) Campus de l’Université de Stanford (et mes deux petits)


Ce que j’aimais par-dessus tout était de collaborer avec des biologistes, chirurgiens, et ingénieurs afin trouver des solutions pour améliorer la détection et prise en charge des maladies du cœur et des poumons, les publier dans des articles scientifiques, et les partager avec des collègues du monde entier.


En 2020, j’ai pu observer l’évolution de la pratique médicale avec la pandémie du Covid-19. Les patients soudainement n’ont plus bénéficié du même accès au soin (les hôpitaux étant submergés par la pandémie) et je me suis rendue compte du bénéfice que peut avoir la santé digitale et les nouvelles technologies pour aider les gens à prendre soin de leur santé. C’est alors que j’ai décidé de rejoindre Facebook (maintenant connue sous le nom de Méta) pour travailler sur la santé digitale, et je vais bientôt célébrer mes trois ans à Meta!

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Devant les bureaux de Facebook, à Menlo Park (Californie)

Développer la carrière des femmes en Science


Au sein de mon équipe à Meta, je dirige le groupe des Femmes en Science, permettant de s’entraider et développer sa carrière professionnelle. Je suis passionnée et déterminée à construire une équipe et une culture d’équipe où chacune et chacun apporte une diversité d’idées et d’expérience, particulièrement dans des disciplines comme la cardiologie, la science, l’université ou la technologie qui historiquement furent fermées aux femmes.


En dehors du travail...


En dehors du travail, mon temps libre est dédié à profiter de mes petits jumeaux de 2 ans, qui adorent cuisiner et jardiner avec mon épouse et moi. J’ai de la chance dans mon travail actuel d’être flexible, et de pouvoir faire l’équilibre entre les heures de travail et les heures de famille. Avoir des jumeaux m’a appris à être plus efficace et concentrée sur chaque domaine (travail ou famille). Je reconnais que si j’étais temps plein à l’hôpital, je n’aurais pas cette même flexibilité, et de par le passé cet environnement fût difficile et m’a conduit au burn out plus d’une fois. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai choisi cette voie professionnelle.

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Mes jumeaux.

Quelques conseils


Concernant mon propre je ne changerais rien. Il est vrai que ma carrière professionnelle est passée par plusieurs domaines (médecine, recherche, enseignement et technologie de la santé) mais chaque domaine m’apporte aujourd’hui un point de vue unique au quotidien qui me permet au mieux d’aider les gens à prendre soin de leur santé.


On a besoin de toi! We need you! La cardiologie et la médecine, mais aussi la recherche, l’enseignement et le monde de la technologie, ont besoin de femmes de talent, apportant leur point de vue unique! Oui la médecine sera une grande partie de ton quotidien, mais ce sera tellement passionnant et tu vas sauver des milliers de vie que ce soit en s’occupant de patients au quotidien (en tant que médecin), en faisant des découvertes scientifiques révolutionnant la connaissance (en tant que chercheuse), en transmettant ton savoir à des centaines d’étudiants (en tant qu’enseignante) et/ou en développant des technologies nouvelles permettant d’aider des milliards de personnes (dans la tech). Alors n’hésite plus! Lance toi! Tu peux y arriver et tu seras formidable! Hâte de te voir remporter le Prix Nobel de Médecine dans quelques années!


Je tiens à remercier chaleureusement l’équipe des Sciences for girls et surtout toi lectrice/lecteur. Hâte de vous voir bientôt en Californie!


Edité par Sylvana S. et Mazzarine D.


Myriam AMSALLEM: la médecine du future


Trouver là sur Linkedin : Myriam Amsallem

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