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Terra : "Parfois, j’ai l’impression de vivre dans une série télé !"


Bonjour/Bonsoir, J’espère que vous allez bien. Je m’appelle Terra et je suis médecin légiste au Bureau du médecin légiste en chef de la ville de New York depuis 5 ans. Mon travail consiste à déterminer la cause du décès des personnes décédées dans des conditions criminelles, suspectes ou inattendues. Pour ce faire, je pratique une autopsie. En d’autres termes, je fais un examen approfondi du corps en observant de près l’extérieur du corps, ainsi que les organes internes, à la recherche de blessures ou de maladies naturelles.




Mon objectif en pratiquant une autopsie est de trouver une maladie naturelle ou une blessure quelconque qui a causé la mort de la personne. Je dois non seulement connaître la cause du décès (rupture d’anévrisme, strangulation, …) mais aussi la façon dont la personne est morte (naturellement, accidentellement, par suicide ou homicide). Je travaille donc constamment avec la police et les détectives chargés de l’enquête. Par ailleurs, je rédige des rapports sur ce que j’ai découvert lors de l’autopsie. Je témoigne également au tribunal en tant qu’expert en pathologie médico-légale dans les procès pour meurtre.

Après l’autopsie, j’ai une tâche très importante : appeler les familles endeuillées pour leur donner plus d’explications sur le décès de leur proche. C’est l’occasion de répondre à toutes leurs questions. Parallèlement à mon travail, je partage mon expérience en donnant des cours aux étudiants en médecine.

Pour vous donner une image, mon travail n’est pas si éloigné de ce que l’on voit à la télé dans les émissions d’enquêtes policières ou les séries policières (NYPD, Esprits criminels, etc.). C’est un travail passionnant et je ne m’en lasserai jamais. Parfois, j’ai l’impression de vivre dans une série télévisée !



C’est tellement intéressant d’assembler toutes les informations pour comprendre la cause d’un décès. C’est littéralement comme un puzzle : l’autopsie, l’enquête, les résultats toxicologiques, etc. Chaque élément représente une pièce qu’il faut mettre à la bonne place pour arriver au résultat final. J’adore ça !

Vous vous demandez sans doute comment j’ai fait ?

J’ai découvert le métier de médecin légiste à l’âge de 13 ou 14 ans : je lisais une série de romans policiers (la série “Scarpetta” de Patricia Cornwell) dont le personnage principal est une femme médecin légiste nommée Dr Kay Scarpetta. J’ai tout de suite su que je voulais devenir ma propre version de Kay Scarpetta – être Médecin légiste ! C’est alors que j’ai décidé d’en faire ma carrière professionnelle. En tout, j’ai suivi 13 ans d’études après mon bac pour en arriver là :

Tout d’abord, au collège de Candolle à Genève, en Suisse, j’ai choisi un cursus dont les matières principales étaient la biologie et la chimie.

Ensuite, j’ai fait 4 ans d’études à l’université américaine, à Tufts University à Boston, aux USA, en suivant un cursus pré-médical (ce n’est pas un programme en soi, c’est une sorte d’école préparatoire “pré-médical” dans laquelle les cours sont concentrés en matières scientifiques comme la biochimie, la physique, la chimie, les maths et la biologie… on dit “pré-médical” parce que vous avez besoin de ces cours comme pré-requis pour postuler en école de médecine) J’ai obtenu un Bachelor of Science avec une majeure en biologie.

Après cette licence, j’ai postulé à l’école de médecine et j’ai été acceptée dans mon premier choix, la faculté de médecine de l’université Tufts, où j’ai obtenu mon diplôme de médecine après 4 ans d’études et de rotations cliniques.

Après la faculté de médecine, j’ai suivi 4 années de spécialisation en pathologie anatomique et clinique. Cette spécialisation est nécessaire pour poursuivre une carrière en pathologie médico-légale, car nous devons comprendre les processus pathologiques dans tous les organes humains.

Enfin, j’ai terminé mes études par une année de sous-spécialisation en pathologie médico-légale.

C’est un domaine que je trouve extrêmement passionnant ! Je continue à faire des découvertes et à être surprise. Honnêtement, je ne me vois pas vraiment faire un autre métier que celui-ci. Je serais peut-être chirurgien, car je pense que c’est ce qui se rapproche le plus de ce que je fais.

Ne croyez pas que j’ai eu un parcours sans effort pendant mes années d’études ! Pour vous dire la vérité, je n’ai jamais été particulièrement douée pour les sciences. J’étais presque nulle en physique et en mathématiques. J’étais simplement attirée par la biologie en raison de mon intérêt pour le corps humain. En revanche, j’étais meilleure en art, en littérature et en langues (j’en parle quatre !). J’ai donc dû travailler plus dur que les autres pour y arriver. De plus, j’ai rencontré une difficulté majeure lors de mes stages en hôpital : Les patients qui me voyaient arriver dans leur chambre supposaient directement que j’étais une infirmière et non un médecin. Il y a encore du travail à faire pour changer cette mentalité. Heureusement, en médecine, il y a de plus en plus de femmes !

Même si j’adore mon métier, sachez que je ne fais pas que travailler !

Mon rythme de travail me permet de passer du temps avec mes trois enfants et mon mari, mais aussi de développer mes autres passions. En effet, si j’avais dû choisir une profession qui n’était pas liée au domaine scientifique, j’aurais certainement été une artiste, car pendant mon temps libre, je peins, je dessine et je vends même mes œuvres. En voici quelques-unes :






Pour finir, je tiens à dire aux jeunes filles qui ont peur de faire carrière dans le domaine scientifique de ne se pas se décourager et de suivre de leur rêve. Le chemin sera sans doute long et difficile mais il en vaudra la peine, surtout pour un métier qui passionne. Rencontrez des personnes qui font ce que vous voulez faire, posez- leur des questions et si possible passez du temps avec elles. Il y a tellement de moyens à notre portée pour s’informer. Il ne faut juste jamais se démotiver, c’est la clé ! 

Article rédigé par Ségolène M.

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