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Natacha NJONGWA YEPNGA : évaluer les risques dans les banques grâce aux statistiques.

Chèr.e.s abonné.e.s,

Dernier article de notre mois dédié aux femmes statisticiennes ! Nous terminons avec Natacha NJONGWA YEPNGA.


Bonjour à tou.te.s, je suis Natacha NJONGWA YEPNGA, de nationalité camerounaise. J’ai réalisé la plus grande partie de mes études au Cameroun. Après l’obtention de mon baccalauréat scientifique, j’étais principalement intéressée par les mathématiques et l’informatique, c’est la raison, pour laquelle, j’ai intégré l’Institut sous Régional de statistique et d’économie appliquée (l’ISSEA).

Passionnée de data, j’ai quitté mon pays le Cameroun pour poursuivre mes études en France en 2017 à l’École Nationale de la statistique et de l’analyse de l’information (l’ENSAI). En 2019, j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieure data scientist, et dans la même année, j’ai été recrutée en tant qu’analyste quantitatif.

J’ai principalement travaillé pour des banques. J’ai commencé ma carrière chez Société Générale au sein de la direction des risques. Actuellement, j’occupe un poste dans la banque HSBC. L’une des activités de la banque de détail c’est de collecter les dépôts des clients, accorder des crédits et gérer les moyens de paiement des clients (carte bancaire par exemple). Les clients sont des particuliers mais aussi des entreprises, des collectivités, des États etc.


Un.e Statisticien.ne est cette personne qui a pour principale mission de collecter, de traiter et d’analyser les données d’une entreprise pour aider à prendre des décisions. Par exemple, lors de la pandémie du coronavirus, il fallait trouver un vaccin efficace contre le covid19, l’une des missions des statisticien.nes c’est par exemple de collecter, de traiter et d’analyser les données sanitaires pour juger de l’efficacité d’un vaccin. Les statisticien.nes répondent à des questions comme : est-ce que le nouveau vaccin est réellement efficace contre le covid ? ou Est-ce que les personnes qui prennent le nouveau vaccin sont statistiquement mieux protégées que celles qui n’en prennent pas ? Les statisticien.nes dans ce contexte aident à prendre des décisions sanitaires grâce aux analyses statistiques réalisées.

Au sein de la direction des risques des banques, mon rôle consiste à développer des modèles statistiques (des règles de décisions) qui permettent à la banque de gérer son risque de crédit (le risque qu’un client ne rembourse pas son crédit à échéance). Comme je le disais précédemment, l’une des activités de la banque c’est collecter et redistribuer l’argent sous forme de crédit. Lorsque la banque accorde un crédit, elle doit s’assurer que le client ait une bonne capacité de remboursement. Les modèles statistiques que je développe aide la banque dans son processus d’octroi de crédits.

Pourquoi les mathématiques sont importantes en statistique mais aussi dans la vie de tous les jours ? Quand on est au Lycée, les mathématiques peuvent sembler abstraites mais les mathématiques c’est la vie de tous les jours. Quand vous voulez par exemple gérer votre budget, vous faites des calculs et cela relève des mathématiques. Le nouveau ministre de l’Éducation française Pap Ndiaye a, d’ailleurs, rendu obligatoire les mathématiques et heureusement car c’est vraiment la base de tout. Par exemple, quand je développe mes modèles qui sont utilisés dans une décision importante qui est l’octroi de crédit, j’utilise beaucoup de mathématiques. C’est du concret !

La data c’est l’avenir, il y a un article qui qualifiait le métier de data scientist comme étant “le plus sexy du 21ième siècle”. L’une des raisons est que tous les secteurs d’activité en ont besoin. La société se digitalise de plus en plus, les outils de machine Learning sont utilisés dans la plupart des innovations d’aujourd’hui tels que les voitures autonomes, les traducteurs, les techniques de reconnaissance d’image, la reconnaissance faciale des téléphones, les systèmes de recommandation des réseaux sociaux que vous utilisez. Aujourd’hui, la donnée est vraiment stratégique pour les entreprises et c’est indispensable de comprendre les données pour pouvoir caler son business. Par exemple, la banque de demain, je l’imagine complètement en ligne. Les agences seront de moins en moins nombreuses et on aura des systèmes d’intelligence artificielle qui vont aider les clients dans leurs actions et le data scientist est indispensable dans cette transformation numérique.

En dehors de mon travail, je suis très présente sur les réseaux sociaux où je partage mes connaissances sur la data. J’ai au moins 2 publications par semaine sur Linkedin. Je publie également des vidéos de vulgarisation sur ma chaîne Youtube LeCoinStat. Je cherche à vulgariser mon métier et à montrer les réalités, les possibilités d’évolution à travers des interviews avec des professionnel-le-s. Je suis également mentor sur la plateforme openclassroom où j’accompagne des personnes qui veulent devenir data analyst ou data scientist.

Je n’ai pas de challenge particulier à être data scientist en tant que femme. Durant tout mon parcours, il y avait toujours des femmes. À l’ISSEA, par exemple, nous étions 8 femmes sur 24 étudiants, et pour l’anecdote, les 8 femmes étaient toujours parmi les meilleures de la promotion. Je n’ai pas la proportion en tête mais il y avait beaucoup plus de femmes à l’ENSAI qu’à l’ISSEA. Donc, les femmes peuvent bien s’intéresser aux statistiques. Aujourd’hui, on a plus d’opportunités que nos mamans il y a 40 ans, mais, il y a encore beaucoup à faire bien sûr. Je vous avoue que le syndrome de l’imposteur peut être présent chez les femmes. C’est pourquoi, je pense que l’un des défis de notre génération, c’est de prendre notre place sur la table comme le dit bien Sheryl Sandberg. Nous devons avoir plus de confiance en nous (parce que oui nous sommes capables) et plus d’ambition.

J’ai choisi les statistiques car j’aimais beaucoup les mathématiques et la programmation et j’aimais moins la physique. Et le choix de la finance est principalement lié à mon premier Stage réalisé à Afriland First Bank (première banque Camerounaise), j’ai beaucoup aimé ce stage surtout que j’ai compris l’intérêt des data scientists dans la banque.


J’aime beaucoup découvrir de nouvelles choses, faire des activités à sensation forte, les parcs d’attractions, l’accrobranche. L’activité la plus folle que j’ai réalisée récemment c’était un saut en parachute à 4000 m d’altitude. C’était assez impressionnant, ça fait peur avant le saut, mais après, tu profites du beau paysage. J’aime également voyager et lire quand j’ai du temps. Le livre que je relis tout le temps par exemple c’est le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry et mon passage favori dans le livre c’est lorsque le renard dit au revoir au petit prince: “Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple, on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux”.

Pour trouver l’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée, je fais l’effort de ne pas travailler les weekends ou très tard le soir. Je fais aussi plusieurs activités en dehors de mon travail entre les mentorats et mes activités sur les réseaux sociaux. Donc, la frontière est assez floue : ma vie professionnelle fait partie intégrante de ma vie personnelle tout simplement.

“Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit sur les étoiles”. Oscar WILDE

C’est normal d’hésiter parfois mais il ne faut surtout pas rester dans l’hésitation, il faut passer à l’action. C’est l’action qui va vous faire comprendre ce que vous aimez réellement ou ce que vous n’aimez pas. Quand on reste dans l’hésitation, on ne saura jamais ce que nous aimerions faire. Il faut avoir le courage de se lancer et au pire des cas, vous aurez la certitude que vous ne vouliez réellement pas ce que vous cherchiez. C’est quelque chose que j’ai, personnellement, compris. J’ai une conviction profonde au lieu de passer le temps à hésiter, il faut se lancer et très vite on saura si telles ou telles études correspondent réellement à ce que nous cherchions.

Alors, Jeunes filles, n’hésitez pas. La data science c’est l’avenir et le présent. N’hésitez pas à vous lancer si les mathématiques vous intéressent. Lancez-vous !

Editée par Soumya D. et Mazzarine D.

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