top of page

L’Intelligence Artificielle et les femmes

La première programmeuse informatique de l’histoire est… Ada Lovelace King (1815-1852)

Ada King, comtesse de Lovelace née Ada Byron, est une mathématicienne et écrivaine anglaise . L’histoire de cette femme, qui n’a vécu que 36 ans, est emblématique pour notre blog !

Ada Lovelace King est la fille du célèbre poète Lord Byron mais tout le monde ignore que sa mère Lady Byron est mathématicienne. Elle est leur fille unique, et faut-il dire qu’à sa naissance, son père, qui rêvait d’un “garçon glorieux”, était très déçu d’avoir une fille ? Il se séparera de sa femme un mois après la naissance d’Ada et quittera l’Angleterre pour toujours. Bien que la loi anglaise accordait à l’époque la pleine garde des enfants au père en cas de séparation, Lord Byron n’a pas cherché à revendiquer ses droits parentaux. Ada n’a eu aucune relation avec son père. Il est mort quand elle avait huit ans.





Ada Byron, 4 ans


Ada Byron, 17 ans


Ada Byron, 25 ans

Dès son plus jeune âge, Ada a reçu des formations privées en mathématiques et en sciences auprès des plus grands dont Mary Somerville , célèbre chercheuse et auteure scientifique du XIXe siècle. Et très tôt, Ada s’est sentie comme une exploratrice : A douze ans, elle décide de voler ! Elle a adopté une vraie démarche scientifique pour y parvenir : Elle commence par fabriquer des ailes et étudie méthodiquement les différentes matières : papier, huile, fils et plumes. Elle a également examiné l’ anatomie des oiseaux pour déterminer la bonne proportion entre les ailes et le corps. Elle a écrit un livre, Flyology, illustrant certaines de ses découvertes par des dessins. Elle conçoit alors l’instrumentation et l’équipement et choisit, par exemple, une boussole, pour “sillonner le pays par la route la plus directe”. Sa dernière étape consistait à intégrer la vapeur à “l’art de voler”.


À 18 ans, elle entame une relation de travail et une amitié qui durent toute sa vie avec le mathématicien britannique Charles Babbage, connu comme « le père des ordinateurs ». Leur amitié est immortalisée puisqu’ils sont depuis 2015 sur tous les passeports britanniques

Babbage est considérée comme le père de l’informatique : il a inventé le moteur analytique, un calculateur mécanique polyvalent incorporant une unité logique arithmétique , un flux de contrôle sous forme de branchement conditionnel et de boucles , et une mémoire intégrée !

Ada est la première à reconnaître que la machine avait des applications au-delà du calcul pur, et à publier le premier algorithme destiné à être exécuté par une telle machine. En effet, à 27 ans, elle traduit un article italien (de Luigi Menabrea) sur le moteur d’analyse et y ajoute ce qu’elle appelle modestement des « Notes », qui sont des commentaires élaborés, 3 fois plus longs que l’article lui-même, contenant notamment cet algorithme destiné à être exécuté par la machine et que l’histoire de l’informatique retient comme premier programme. C’est un algorithme pour calculer les nombres de Bernoulli.


Diagramme de Lovelace de “note G”, le premier algorithme informatique publié

Pour finir, savais-tu que l’Ada Lovelace Day est un événement annuel célébré le deuxième mardi d’octobre (depuis 2009) ? L’objectif de cette journée est de rehausser le profil des femmes dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques , et de créer de nouveaux modèles pour les filles et les femmes dans ces domaines.

En dehors d’Ada Lovelace qui a réellement impacté le secteur de l’informatique et donc de l’intelligence artificielle au cours du 19e siècle, d’autres femmes du 21e siècle continuent de se démarquer. Françoise BOUGHER notamment fait partie de celles-là.


Françoise BROUGHER : « Pour moi, si quelqu’un est sexiste ce n’est pas mon problème, c’est le sien.»

Elle est l’une des rares femmes à avoir atteint le sommet de la Silicon Valley ! Depuis 25 ans, Françoise Brougher fait carrière dans la tech et le digital : avec ses succès dans les hautes sphères de Google et de Square, Françoise Brougher pensait avoir brisé le plafond de verre d’une Silicon Valley longtemps misogyne… mais sa prochaine expérience, en tant que numéro 2 chez Pinterest, lui apprendra que le combat n’est pas encore terminé : c’est à nous tous d’en tirer les leçons !

Revenons sur son incroyable ascension. Née à Marseille, fille d’un journaliste et d’un professeur de mathématiques, Françoise s’intéresse à la science-fiction, aux gadgets (le premier baladeur Sony, qui rendra les plus de 40 ans nostalgiques !), aux maths et à la physique. Ses parents étaient très ouverts : “Dès le début, ils m’ont dit de faire ce que je voulais”. Françoise a donc naturellement étudié l’ingénierie et est diplômée de l’ICAM de Lille en 1989. Elle a ensuite complété sa formation par un MBA à la prestigieuse université d’Harvard. Elle restera dans la Silicon Valley… pour rembourser le prêt de son MBA. Elle s’est ensuite essayée à des start-up, avant de rejoindre Charles Schwab, une société de bourse, aux débuts du trading en ligne. A partir de 2005, elle travaille aux côtés des fondateurs d’une “petite entreprise” de 2000 personnes : Google. Après 2013, elle devient cadre chez Square dans une entreprise dirigée majoritairement par des femmes.

En 2018, sa carrière se poursuit brillamment, et elle prend le poste de COO chez Pinterest. Elle se rend compte qu’elle a été mise là parce que ça avait l’air bien d’avoir une femme à ce poste… avec moins de pouvoir décisionnel qu’un chef de produit lambda. “Lorsque nous avons commencé à travailler sur l’introduction en bourse, j’étais la plus expérimentée sur le sujet, j’avais fait tous les processus avant pour Square, je connaissais bien les investisseurs et les banquiers… Et quand il était temps de partir pour le roadshow, il m’a dit de rester à la maison. J’étais la responsable des recettes de l’entreprise et c’est ce qui intéresse les banquiers. Cela a été un choc pour moi, je n’ai pas compris.”

Elle tente d’éveiller l’entreprise dans la transparence et la confrontation. Malheureusement ça ne marche pas. Elle est marginalisée, et elle n’est plus invitée dans les conseils d’administration. On lui dit qu’elle parle trop et qu’elle est trop agressive. En avril, Françoise Brougher a été licenciée après un coup de fil du patron qui n’a duré que 10 minutes : “vous avez de mauvaises relations transversales”.

Le sexisme dans les entreprises tech est un sujet bien connu aujourd’hui… mais Françoise Brougher pensait avoir définitivement brisé ce fameux plafond de verre. “Dans ces milieux, tu comprends vite qu’en tant que femme tu es différente, mais je suis irrationnellement optimiste, donc je refuse de voir ce que je n’aime pas. Pour moi, si quelqu’un est sexiste, ce n’est pas mon problème, c’est le sien. Je ne laisse personne m’empêcher de réussir.” Pendant longtemps, cette mentalité lui a permis de ne pas se remettre en question, et de naviguer avec succès dans ces environnements.

Un plafond de verre s’est effondré sur sa tête chez Pinterest… Mais les lois californiennes protègent contre la discrimination. Françoise est courageuse et ne craint pas que les éclats de l’affaire viennent ternir la suite de sa carrière. Alors, elle décide de prendre un avocat, et de raconter ses mésaventures sur Medium. Elle est rejointe par deux autres cadres afro-américains maltraités chez Pinterest. Un groupe d’actionnaires porte alors plainte contre la PDG de Pinterest… En décembre dernier, elle obtient le plus grand règlement public individuel pour discrimination sexuelle de l’histoire des États-Unis. “Depuis ce jour, pas une semaine ne se passe sans qu’une femme ne me contacte pour demander conseil. Cela a renforcé ma conviction dans la justesse de ma démarche. De plus en plus de femmes victimes de discrimination s’expriment, et chaque mot aide le suivant. Un peu plus, même si nous sommes encore loin de compter.”

Sa victoire est une victoire pour toutes les femmes victimes de discrimination, et son courage est aussi un appel à ne pas baisser la garde !

Rédigé par Emmanuelle P.

SOURCES/ POUR EN SAVOIR PLUS

3 vues0 commentaire

Comments


Logo de l'association Sciences for Girls
bottom of page