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Kiara Nirghin : scientifique, inventrice et conférencière sud-africaine


« Quelque chose pour que je puisse améliorer le monde », disait Kiara Nirghin. Changer la planète, telle a toujours été l’ambition de la brillante jeune fille. De l’adolescente pleine de rêves à la femme d’influence, découvrez son impressionnant parcours.


La genèse 

Kiara Nirghin est une jeune femme scientifique née le 25 février 2000 à Johannesburg en Afrique du Sud. Elle a grandi dans la ville d’Alberton et s’est passionnée dès son plus jeune âge pour la chimie. L’aventure de Kiara Nirghin avec les sciences va sérieusement débuter en 2015. L’Afrique du Sud connaît à cette période l’une des pires sécheresses de toute son histoire. Des millions de personnes et espèces animales sont touchées et confrontées à d’importantes pénuries d’eau, et les agriculteurs du pays voient leurs récoltes anéanties. Le secteur rencontre alors une très grave crise. Les prix des denrées alimentaires disponibles montent en flèche et beaucoup de paysans font faillite.

Par conséquent, ces derniers demandent une aide gouvernementale pour surmonter la difficulté. AgriSA, syndicat sud-africain de l’industrie agricole demande plus d’un million d’euros de subventions.



À cette époque, Kiara Nirghin n’a que 15 ans et va subir la crise de plein fouet. Elle contracte la bilharziose, une maladie parasitaire transmise par contact avec des eaux contaminées. Cette affection va tellement affaiblir son système immunitaire qu’elle va développer une méningite bactérienne grave et être hospitalisée pendant de longs mois.


Malgré son jeune âge, Kiara Nirghin est fortement touchée par cette période. Fermement décidée à changer le monde, elle commence à réfléchir à la solution qu’elle pourrait apporter au problème de sécheresse. Son objectif est de minimiser les effets de la crise sur l’agriculture. C’est alors qu’elle se résout à s’intéresser de plus près aux polymères super absorbants (SAP). En effet, un jour, regardant sa sœur changer la couche de sa fille, elle est surprise « de la quantité de liquide qu’une couche à bas prix pouvait absorber. C’est ce qu’on appelle des polymères super-absorbants qui sont essentiellement des poudres qui peuvent retenir une grande quantité d’eau par rapport à leur poids ».


Les SAP sont déjà utilisés dans l’industrie agricole afin d’empêcher le dessèchement du sol. Néanmoins, ils sont très coûteux à produire et polluants pour l’environnement de par leur composition chimique nocive. Kiara Nirghin tient alors son idée.


L’invention d’un polymère absorbant biodégradable

La réflexion de Kiara Nirghin va rapidement la mener à la nécessité de créer un polymère : 

  • super-absorbant capable de stocker des réserves d’eau représentant une centaine de fois son propre poids, 

  • biodégradable pour avoir une solution durable dans le temps, 

  • économique afin de permettre aux agriculteurs d’entretenir leurs cultures à moindre coût.


Elle commence alors de véritables recherches à propos des SAP et découvre leur point commun : les polysaccharides en chaîne (« glucides complexes constitués d’un grand nombre de sucres simples, reliés entre eux par des liaisons glucosidiques »). 

Elle découvre que la peau d’orange contient par exemple 64 % de polysaccharides, et que la peau d’avocat présente des vertus intéressantes pour son projet grâce au gras qu’elle contient.


Elle tente donc de faire bouillir des écorces d’orange dans de l’eau, et de combiner le liquide obtenu avec des peaux d’avocat et des morceaux d’écorce séchés. Elle cuit le mélange jusqu’à en éliminer totalement l’humidité et le broie. 


Le résultat est constitué d’une poudre blanche pouvant retenir 300 fois son poids en eau, et être directement implantée sur le sol des cultures. Par la suite, les tests ont démontré que son utilisation permettait bien de conserver le sol humide. Dans le cadre de ces expérimentations, les plantes obtenues produisaient plus de fleurs.


Kiara Nirghin avait enfin trouvé « LA » solution au problème identifié. Pour aller au bout de son projet, il ne lui restait plus qu’à la faire connaître et permettre sa commercialisation pour qu’elle puisse être utilisée dans les exploitations agricoles du pays. 

La consécration de son invention

En 2016, grâce à son invention, Kiara Nirghin remporte le prix « Community Impact Award » du Google Science Fair. Elle figure également sur la liste des 30 adolescents les plus influents du Time. 

 

Elle va par ailleurs donner de nombreuses conférences à ce sujet : Conférence Lead SA Change Makers, TEDx, Forbes Africa… 

 

En 2018, elle intègre l’Université de Stanford et se spécialise en informatique. « J’ai vraiment vu le potentiel que la technologie peut avoir en matière d’innovation et c’est ma principale force motrice », a-t-elle déclaré. « Je veux innover, résoudre des problèmes et créer des produits qui aident les gens. C’est ce que je me vois faire ».

 

En 2021, elle s’associe alors avec une entreprise agricole internationale afin de mettre son produit sur le marché.


La création d’entreprise et l’engagement dans le militantisme féministe

Kiara Nirghin a souvent manifesté la nécessité, selon elle, de diversifier les domaines des STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) en ouvrant davantage ce secteur aux femmes. 

 

En effet, elle souligne qu’en Afrique du Sud, les jeunes filles ne sont pas incitées à poursuivre des carrières scientifiques. 

 

Le 8 mars 2019, c’est aux Nations Unies à New York qu’elle s’adresse directement, en les encourageant à susciter des carrières scientifiques chez les jeunes filles. 

Elle s’engage par la suite aux côtés de l’UNICEF et de GirlsHelpGirls.org dans des missions de mentorat afin de venir en aide aux femmes. Sans conteste, elle estime que les jeunes filles ont besoin de modèles inspirants en qui avoir confiance avant de pouvoir se lancer. 


Kiara Nirghin n’a pas pour autant faibli sur ses recherches concernant « les problèmes du monde ». 

 

Forte de ses études en bio-informatique, elle co-fonde l’entreprise CHIMA en 2022. Il s’agit d’une société qui a pour but d’alimenter l’Intelligence artificielle évolutive pour résoudre des problèmes à grande échelle.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Kiara Nirghin semble être seulement à l’aube de ce qu’elle a toujours voulu faire : améliorer le monde !


Sources:



Rédigé par Océane D.

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