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Helen BROOKE TAUSSIG, fondatrice de la cardiologie pédiatrique


"Pour être un leader, il faut savoir identifier les lacunes" Dr. Anne Murphy




Enfance et éducation

Helen Brooke Taussig est née le 24 mai 1898 à Cambridge, dans le Massachusetts. Elle est la plus jeune d'une famille de quatre enfants nés de Frank William Taussig et d'Edith Thomas Guild. Helen Brooke Taussig est issue d'une famille d'universitaires et de professionnels renommés. Son père est un célèbre professeur d'économie à l'université de Harvard. Sa mère, est la première femme biologiste diplômée du Radcliffe Collège. Le grand-père paternel d'Helen, William Taussig, œuvre à la création de l'école William Taussig à Saint Louis, dans le Missouri, afin de prendre en charge les enfants souffrant de troubles de la vue.

Helen Brooke Taussig commence ses études à l’école pour filles à Cambridge. En 1917, elle intègre le Collège Radcliffe pour poursuivre ses études, suivant ainsi les traces de sa mère. Après deux ans, elle s'inscrit à l'université de Californie, à Berkeley, où elle obtient son diplôme en 1921. Helen Brooke Taussig veut étudier la médecine, mais Harvard et l'université de Boston n'autorisent pas les femmes à entrer à l'école de médecine, par conséquent, elle ne peut suivre que des cours d'anatomie, de physiologie et de pharmacologie. En 1924, elle s'inscrit à l'école de médecine de l'université Johns Hopkins, l'une des rares universités acceptant les femmes pour suivre des cours de médecine, et elle obtient son diplôme de docteur en médecine en 1927. Au cours de ces années, Helen Brooke Taussig s'intéresse de plus en plus à la cardiologie. Elle consacre la majeure partie de son temps à la recherche et à la pratique clinique.


Carrière


Helen Brooke Taussig postule pour un internat en médecine à l'université Johns Hopkins afin de compléter sa formation pratique, mais elle échoue, car il s'agit d'un concours qui n'est réservé qu'à une seule femme par an. L'internat en médecine ayant été pourvu, elle réussit à obtenir un internat en pédiatrie. En 1930, elle est nommée au service de cardiologie pédiatrique de Johns Hopkins. Au cours de sa carrière de 57 ans dans le domaine de la pédiatrie, Helen Brooke Taussig a été instructeur en pédiatrie de 1930 à 1946, professeur associé de 1946 à 1959, professeur de pédiatrie de 1959 à 1963 et professeur émérite de 1963 à 1986.


Dans son cabinet de pédiatrie, le docteur Helen Brooke Taussig rencontre fréquemment des bébés atteints d'un certain type de malformation cardiaque congénitale, avec une peau bleutée due à une diminution du flux sanguin vers les poumons. Cette malformation cardiaque congénitale, appelée syndrome du bébé bleu, peut entraîner une invalidité permanente ou la mort, et il n'existe aucun traitement. Les travaux de recherches du Dr Helen Brooke Taussig permettent une analyse approfondie de la pathologie des malformations cardiaques congénitales, révélant la cause des symptômes, la manière de les diagnostiquer ainsi que la manière de les traiter. Inspirée par les précédentes opérations cardiaques réalisées par les docteurs Robert Gross et John Hubbard, elle propose une idée créative et audacieuse pour remédier aux malformations cardiovasculaires congénitales causant un faible taux d'oxygène dans le sang. Le Dr Helen Brooke Taussig fait part de ses réflexions au Dr Alfred Balock, chef du service de chirurgie et chirurgien cardiaque à Johns Hopkins, et le persuade de l'aider à concrétiser son idée conceptuelle afin de traiter les patients souffrant de malformations cardiaques congénitales. Le Dr Balock, avec l'aide de son technicien expérimenté, Vivien Thomas, réalise la procédure chirurgicale sur des modèles animaux, pendant trois ans, avant de la tenter sur le nouveau-né. En 1944, la technique chirurgicale, appelée " la dérivation de Blalock-Taussig ", est pratiquée avec succès sur Eileen Saxon, une enfant de 15 mois souffrant du syndrome du bébé bleu. À la suite de ce succès, d'autres interventions chirurgicales sont réalisées sur des nourrissons atteints de cette malformation cardiaque, et leur permettent de sauver leur vie. À partir de 1945, les docteurs Taussig et Balock font part de leurs résultats dans le Journal of the American Medical Association et donnent plusieurs conférences mondiales. Depuis lors, cette procédure chirurgicale est couramment utilisée avec quelques modifications par rapport à la technique d'origine. En 1947, le Dr Helen Brooke Taussig publie un manuel intitulé "Congenital Malformations of the Heart" (Malformations cardiaques congénitales), qui rassemble ses observations sur les malformations cardiaques congénitales.



Parmi les autres contributions majeures du Dr Helen Brooke Taussig dans le monde médical, on peut citer son étude sur la thalidomide, un médicament utilisé pour lutter contre les nausées matinales. Ses conclusions révèlent une importante corrélation entre les malformations des membres chez les nouveau-nés et la prise de thalidomide par les femmes enceintes en Europe. Elle communique largement ses observations afin de sensibiliser la conscience publique, des organisations et des gouvernements. Par conséquent, la Food and Drug Administration (FDA), une agence fédérale du ministère de la santé et des services sociaux des États-Unis, interdit l'utilisation de la thalidomide aux États-Unis et d'autres lois gouvernementales sont introduites pour tester minutieusement les médicaments avant de les mettre sur le marché.

En 1963, le Dr Helen Brooke Taussig prend sa retraite à l'âge de 65 ans. Elle se voit toutefois accorder un poste honorifique et poursuit ses travaux universitaires sur les malformations cardiaques. De 1971 à 1977, elle publie plusieurs articles sur le devenir des patients ayant subi une dérivation de Blalock-Taussig. Le Dr Helen Brooke Taussig meurt dans un accident de voiture à l'âge de 79 ans, le 21 mai 1986, trois jours avant son anniversaire.





Distinctions pour ses travaux

Tout au long de sa carrière, le Dr Helen Brooke Taussig obtient des récompenses internationales et nationales pour sa contribution à la médecine. Elle reçoit la Légion d'honneur française (1947), le prix Passano (1948), le prix Lasker (1955). En 1964, elle reçoit la prestigieuse médaille présidentielle de la liberté (Presidential Medal of Freedom) des mains du président Lyndon B. Johnson. Elle est également la première femme à être nommée professeur à la faculté de médecine de l'université Johns Hopkins après avoir débuté comme instructrice.



Défis et difficultés au cours de sa carrière


Helen Brooke Taussig est confrontée à différents défis tout au long de sa vie. Enfant, elle se heurte à des problèmes d'orthographe, d'écriture et de lecture à l'école en raison de sa dyslexie. Son père lui apporte un soutien pédagogique pour l'aider à faire face à ses difficultés. À la trentaine, le Dr Helen Brooke Taussig souffre d'une infection de l'oreille qui entraîne une perte auditive sévère et rend difficile l'utilisation de son stéthoscope pour écouter le cœur. Elle surmonte ce défi de manière créative en apprenant à utiliser le bout de ses doigts pour sentir le rythme des battements cardiaques des bébés. En parallèle, elle développe la capacité de lire sur les lèvres, ce qui lui permet de suivre plus facilement les conférences ou les discussions. Bien qu'issue d'une famille très instruite, le Dr Helen Brooke Taussig rencontre des obstacles lorsqu'elle est étudiante en médecine. En tant que jeune femme adulte, elle se voit refuser l'accès aux facultés de médecine de Harvard et de l'université de Boston. De plus, le nombre d'internats en médecine disponibles pour les femmes est limité. Elle est privée de promotions à Johns Hopkins. Elle attend 16 ans avant d'être promue professeur adjointe. Cependant, avec le soutien de ses mentors et de ses collègues, le Dr Helen Brooke Taussig devient une pionnière de la cardiologie pédiatrique. Passionnée, travailleuse et désireuse de sauver des vies, le Dr Helen Brooke Taussig réussit à accomplir des exploits incroyables et à briser les barrières pour les générations futures.


Références

J.Van Robay et al.; Facts Views Vis Obyn; helen B. Taussig (1898-1986)

Patricia Meisol; Cardiology; Helen B. Taussig, MD (1898-1986)

Richard D. Mainwaring and Stephanie Mainwaring; Caridology in the young; The retirement years of Doctor Helen B. Taussig: an intersection of art and medicine

Jody Bart; Purdue University Press Book; Women Succeeding in the Sciences: Theories and Practices Across Disciplines

Zillia, N. Evans; Cardiology in the youth; The Blalock-Taussig shunt: the social history of an eponym


Ecrit par Akila. R et édité par Alizée M






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