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Elisabeth LOGEAIS : “Le secteur de l’Offshore recrute beaucoup”

Bonjour à toute la famille SciGi. Je m’appelle Elisabeth Logeais et je suis « Surveyor » chez Louis Dreyfus Armateurs sur des câbliers depuis juillet 2020.






Les câbliers sont des bateaux qui permettent de poser des câbles sous-marins de télécommunication pour relier 2 points du globe. Mon rôle est d’assurer le positionnement correct du câble au fond de la mer, qu’il suive bien la route préalablement dessinée par les ingénieurs. Cela implique de gérer : le positionnement du navire par GPS, le positionnement acoustique des différents engins sous-marins quand il y en a, la modélisation du câble dans l’eau à l’aide d’un logiciel spécifique mais aussi la bonne communication avec les autres équipes du navire pour synchroniser les opérations afin d’être au bon endroit au bon moment tout en tenant compte des contraintes humaines et matérielles.

J’ai choisi de travailler dans le milieu maritime car j’ai toujours vécu au bord de la mer, en Bretagne et dans les DOM-TOM, donc c’est pour moi un paysage familier et rassurant avec lequel j’ai grandi. J’ai également fait beaucoup de voile étant jeune et c’est là que je me suis rendue compte que je me sentais aussi bien sur l’eau. Par ailleurs, c’est un milieu complexe et passionnant qui abrite de multiples formes de vie, des phénomènes physico-chimiques intéressants et qui conserve encore aujourd’hui une part de mystère.


J’aime particulièrement le côté opérationnel de mon métier et les interactions avec tous les départements du navire pour réaliser notre principal objectif (poser correctement le câble au fond de la mer) le plus efficacement possible tout en assurant la sécurité de chacun.

D’autre part, j’apprécie l’utilité de mon métier dans le monde ultra-digitalisé dans lequel nous vivons, puisque je contribue à relier les pays entre eux, relier les îles aux continents…même si je suis bien consciente que ça reste de l’industrie et qu’une bonne partie des données qui transitent à travers nos câbles est destinée aux multinationales ou à la bourse.

Le secteur de l’offshore recrute beaucoup car c’est un secteur où il y a beaucoup de turn-over

Les personnes restent en moyenne assez peu de temps, parce que le mode de vie un peu « découpé » ne convient pas à tout le monde ou alors pas pour toute une vie. C’est donc un secteur qui recrute beaucoup puisqu’il faut en permanence remplacer les gens qui partent. A mon sens, les postes les plus intéressants sont les postes d’Officier Opération ou de second capitaine puisqu’ils supervisent tous les différents départements du navire.

Mon parcours jusque-là ? Après un bac général Scientifique, j’ai fait 3 années de classe préparatoire en physique-chimie (j’ai redoublé ma deuxième année pour avoir une école qui me convenait davantage). A l’issue de la classe préparatoire j’ai intégré l’ENSTA Bretagne (Ecole Nationale Supérieure de Techniques Avancées Bretagne) une école d’ingénieur à Brest. Après une année de tronc commun j’ai choisi la spécialité Hydrographie et Océanographie pour mes deux années de Master.

Le plus difficile pour moi ça a été de prendre des décisions : celle de refaire ma deuxième année de classe préparatoire puis le choix de l’école d’ingénieur et enfin celui de la spécialité. C’était compliqué parce qu’à chaque fois j’avais l’impression de me fermer des portes mais en réalité je n’ai fait qu’en ouvrir de nouvelles en découvrant de nouveaux domaines d’activités.

Aujourd’hui, ce dont je suis la plus fière dans mon parcours ? Je n’en ai pas encore parlé jusque là mais entre la fin de l’école d’ingénieur et ma prise de poste actuel, je suis partie sur l’île Amsterdam dans les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) où j’ai vécu et travaillé pendant un peu plus d’un an. Je suis très fière d’avoir été sélectionnée pour vivre cette expérience incroyable.

Le format de mon travail basé sur 2 mois en mer puis 2 mois à la maison étant un peu particulier, il est difficile d’avoir des activités régulières mais je suis tout de même inscrite dans un club de rugby. Je fais donc les entraînements et les matchs de rugby quand je suis à terre. Sinon, je fais toutes sortes d’activités par moi-même : randonnées, jardinage, lecture, pâtisserie, etc.

Dans le secteur maritime en général (comprenant pêche, aquaculture, plaisance, commerce…), le pourcentage de femmes est d’environ 20% mais le pourcentage de femmes embarquées au long court est inférieur à 10%. Je pense que c’est un milieu assez méconnu des jeunes filles et traditionnellement masculin, ce qui laisse peu de place aux femmes mais on trouve maintenant de plus en plus de jeunes filles dans les promotions de l’école de la marine marchande par exemple.

Par ailleurs, la maternité est un autre point expliquant le faible pourcentage de femmes à bord des navires au long court. Nombreuses sont celles qui décident de ne plus embarquer (ou de faire des navigations plus courtes et plus côtières) quand elles veulent fonder une famille alors que de nombreux hommes continuent à naviguer au long court tout en étant père.

Si j’ai un conseil à vous donner ce serait :

Suivez vos envies pas à pas sans vous préoccuper d’autre chose. Si vous savez pourquoi vous suivez telle ou telle voie alors personne ne pourra remettre en cause ce choix.

Si ce secteur vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter !

Rédigé par Emmanuelle P.

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