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Anne L'Huillier, Prix Nobel de Physique 2023


Mardi 3 octobre ont été annoncés les lauréats du prix Nobel de physique 2023. Parmi les heureux élus figure Anne L'Huillier, une chercheuse franco-suédoise qui a été distinguée avec le français Pierre Agostini et l’Austro-hongrois Ferenc Krausz pour leurs travaux sur les lasers ultra-rapides.


Grâce à cette nouvelle distinction, Anne L'Huillier fait désormais partie du cercle encore très (trop) fermé des femmes ayant reçu un prix Nobel. Depuis 1901, c’est seulement la 5ième femme qui obtient ce titre prestigieux. Elle fait ainsi suite à Marie Curie (1903), Maria Goeppert (1963), Donna Strickland (2018) et Andrea Guez (2020).


© Ola Torkelsson

Ce tristement faible nombre ne résulte pas d’une moins bonne appétence des femmes pour la physique, mais de ce que l’on qualifie d’effet Matilda (https://www.sciencesforgirls.com/post/l-effet-matilda).

Même si de nombreuses de femmes n’ont pas vu leurs recherches récompensées par un prix Nobel, beaucoup ont contribué de façon significative aux avancées de la connaissance en physique mais aussi dans tous les domaines en général. Heureusement, certaines d’entre elles ont réussi à briser des barrières et à réaliser des découvertes décisives à l’image d’Anne L’Huillier.


Anne L’Huillier est née à Paris le 16 août 1958. Suite à ses études à l’ENS de Fontenay-aux-roses et à son agrégation en mathématiques, elle entreprend un doctorat au centre CEA de Saclay et à l’Université Pierre et Marie Curie. Son sujet porte sur les photons, atomes et molécules et après l’obtention de sa thèse en 1986, elle décroche un poste permanent au CEA et poursuit ses recherches avec plusieurs post-doc aux Etats-Unis.


Anne L'Huillier, en 1991, devant l'expérience conduite au CEA qui lui vaudra le prix Nobel de physique 2023. © Iramis/CEA

En 1995, elle devient professeur associé à l’Université de Lund en Suède et est nommée professeur de physique deux ans plus tard. Aujourd’hui, elle enseigne toujours dans cette université en tant que professeure de physique atomique et était d’ailleurs en cours lorsque les résultats des prix Nobel sont parus.


Avec ses travaux, Anne L’Huillier est la pionnière de la physique ultrarapide à l’échelle de l’attoseconde c’est à dire un milliardième de milliardième de seconde (10 ^-18 seconde). C’est l’unité la plus petite mesurable à ce jour.

Son prix Nobel fait suite à son rôle déterminant dans la première démonstration expérimentale d’impulsions lumineuses à l’échelle de l’attoseconde en 1987 au CEA.


Ses recherches, complétées par Pierre Agostini et Feren Krausz, ont révolutionné la recherche sur l’étude de la matière et ont permis d'observer les mouvements ultra-rapides des électrons dans les atomes et molécules. Au-delà de la physique, cette découverte profite à d’autres disciplines notamment en chimie, biologie et en science des matériaux. D'importants investissements sont consacrés pour la construction et l'exploitation d'installations attoseconde, ce qui fait de l’attoseconde un champ de recherche encore prometteur.


Durant sa carrière, Anne L’Huillier a reçu plusieurs distinctions internationales telles que le Prix L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science en 2011, la médaille Blaise Pascal de l'Académie européenne des sciences en physique en 2013 ou encore le prix Wolf de physique en 2022 pour en citer quelques-unes. Outre ces récompenses, elle est élue aux Académies des Sciences suédoise, américaine et française.

L’une des devises d’Anne L’Huillier est “Suivez votre intuition et vos sujets de prédilection. La physique n’a jamais été aussi passionnante qu’aujourd’hui, avec beaucoup de choses à étudier et à découvrir !” alors, pourquoi pas vous ?


Sources :


Rédigé par Aymane H.

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